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huit clos

par Le Nouvelliste on 12 Avril, 2012 04:06:55

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Le Sénat a débattu ce mardi. L'objet du désir : le rapport d'analyse des pièces soumises par le Premier ministre désigné, Laurent Salvador Lamothe. Cette étape, la première après la désignation de ce dernier par le président, constitue un verrou. Si tout se passe bien, les étapes suivantes devraient être de simples formalités pour le futur locataire de la Primature.
Les sénateurs, faisant feu de tout bois, ont soit soutenu le choix, soit acculé le candidat absent. Chacun y est allé de ses arguments, de ses sous-entendus, de ses accusations, de ses doutes, de ses plaisanteries au cours de joutes animées. D'honorables élus ont fait montre de désinvolture et laissé voir la faiblesse de leurs arguments. D'autres n'ont pu cacher leur intérêt à doter au plus vite le pays d'un nouveau gouvernement.
Si cette affaire Lamothe n'était pas la quatrième tentative en moins d'une année pour placer un Premier ministre à la tête d'un gouvernement, il n'y aurait pas cette accoutumance au déjà-vu et ce rejet de l'étalement de la bêtise. Peut-être ? Peut-être aussi que jamais le pays ne pourra plus regarder sans rire les pitreries de nos illustres parlementaires en se demandant qui est vraiment honnête ou sincère dans le lot...
Pendant que les gesticulations allaient bon train au Sénat, le Premier ministre désigné rencontrait la chef de cabinet de Mme Hillary Clinton, Cheryl Mills. Cette haute personnalité américaine se fait le devoir de rencontrer tous les futurs chefs de la République pour prendre le pouls et la tension qui les font vibrer. Cela n'est ni le signe d'un accord ni celui d'un appui. Elle jauge et juge avant de passer au successeur de celui qu'hier elle congratulait. Politique, politique.
Demain, Mme Mills sera à Limonade. Les Américains rêvent de trouver dans le Nord les success stories qui font tellement défaut au déploiement de leurs troupes puis de leurs millions depuis le tremblement de terre. En fait, depuis des décennies, les Américains collectionnent des semi-échecs sur ce bout d'île rétif à tout.
Dans deux jours, c'est le président mexicain, Felipe Calderon, qui sera dans nos murs, accompagné de sa femme, de douze de ses ministres, d'hommes d'affaires et de l'homme le plus riche au monde, Carlos Slim. Des dons sont annoncés et des annonces d'investissements peuvent découler de cette visite.
Au début de la semaine, ce sont les présidents brésilien et américain qui se sont entretenus sur le dossier Haïti. Les deux sont en train de perdre la face devant nos retards, les deux rêvent de trouver une sortie en beauté du labyrinthe haïtien.
Alors, quand ce mardi la séance au Sénat s'est tenue entre rumeurs de pots-de-vin, échos des subsides versés par les Dominicains, doute multiple sur la nationalité des uns ou des autres, cris des parents des victimes des derniers accidents de la route, rugissement des inondations meurtrières dans le nord et autres plaies qui rongent ce petit pays, qu'il fut doux le temps du huis clos, quand toutes les paroles ne se sont pas tues, mais ont cessé de nous accabler davantage en direct à la télévision.
Pourquoi tout ne se passe-t-il pas à huis clos au Parlement ? Parce que la démocratie ne s'en porterait pas mieux; parce que la démocratie, avec ses faiblesses et ses illusions, aime le grand air, la lumière et la liberté.
La démocratie représentative se laisse voir, se donne à voir, le Parlement est un miroir de nous-mêmes, de notre société.

Frantz Duval


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