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Insécurité, l'alarme sonne

par Le Nouvelliste on 16 Mars, 2012 13:10:08

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Le Réseau national de défense des Droits humains (RNDDH) est profondément préoccupé par la recrudescence dans le pays, particulièrement dans la zone métropolitaine, des actes d'insécurité et de violence organisée, à un moment où les autorités haïtiennes parlent de l'établissement d'un Etat de droit en Haïti.

En effet, depuis plusieurs mois, le RNDDH constate que la population haïtienne est totalement livrée à elle-même. En dépit du fait que les cas spectaculaires d'assassinats, d'enlèvements et de séquestrations contre rançon, de vols, de filatures à bord de motocyclettes suivies de vols, de viols, d'incendies soient perpétrés journellement, les autorités haïtiennes ne semblent pas évaluer l'ampleur de la situation en vue d'y apporter les réponses appropriées. Il ne se passe pas un jour sans qu'on n'enregistre, un peu partout dans le pays, des tirs d'armes automatiques. De plus, quotidiennement, des citoyens, à leur sortie des banques commerciales, sont pris en filature par des bandits armés circulant à moto. Ils sont alors frappés, blessés par balle ou même tués et leur argent emporté.

Pour la seule période allant du 1er janvier au 14 mars 2012, au moins cent quarante-sept (147) personnes ont trouvé la mort, dont cent trente (130) par balle. Parmi les victimes, sont répertoriés cinq (5) policiers et un (1) ancien militaire.

Assassinats

Le 13 janvier 2012, un militaire haïtien des Forces Armées d'Haïti (FAD'H) démobilisées, du nom de Roc PRÉSENT, est criblé de balles à l'angle des rues Miracles et Dr Aubry.

Le 19 janvier 2012, Maxime ALCIUS, chauffeur d'un journaliste de Radio Métropole, Anthony LAPEYRE, a succombé à ses blessures après que des bandits eurent ouvert le feu sur la voiture du journaliste, pilotée par son chauffeur. L'assassinat est perpétré sur la route de l'ancienne piste d'aviation de Boenfield.

Le 19 janvier 2012, Emmanuel ESPERANCE, ingénieur de formation, a été assassiné à la rue Pavée.

Le 23 janvier 2012, un individu non identifié a été assassiné et six (6) autres sont blessés lors d'une lutte d'hégémonie entre deux (2) bases respectivement dénommées Base Cameroun et Base 117, localisées à la rue Saint-Martin, Bel-Air.

Le 24 janvier 2012, trois (3) personnes sont mortes par balle à Port-de-Paix. Il s'agit de Jean ODLIN, huissier du tribunal de première instance de Port-de-Paix, de Atila DORÉLIEN et Héribert LAZARRE.

Le 28 janvier 2012, Pierre Edmond DÉSERT, employé du Programme national de cantine scolaire (PNCS), a reçu trois (3) projectiles, tirés par des individus circulant à moto. Cette attaque a été perpétrée à la rue Charles Sumer.

Le 28 janvier 2012, Wilhem PHILIPPE, agent policier affecté à la CAT TEAM, a été tué par balle à la rue Pavée par des individus armés non identifiés.

Le 29 janvier 2012, le policier Yves MENARD, affecté au sous-commissariat du Canapé-Vert, a été blessé par balle après que des bandits eurent ouvert le feu sur son véhicule, sur la route 9.

Le 30 janvier 2012, le corps mutilé d'une jeune femme a été trouvé à Carrefour, dans la zone du quartier Christophe Chanel.

Le 8 février 2012, Carlo PIERRE, propriétaire d'un dépôt de boissons gazeuses, localisé à l'avenue Magloire Ambroise, a reçu plusieurs balles. Ses attaquants étaient des individus armés circulant à moto.

Le 11 février 2012, Tanya CADET ainsi que ses deux (2) filles, Sabine CADET, et Judith PHILOGÈNE, sont enlevées à Jacmel, localité Breman et assassinées. Leurs corps ont été retrouvés à Fauché, dans la commune de Grand-Goâve.

Le 14 février 2012, Edmond PIERRE est assassiné à Jacmel dans la localité de Mayard par des individus armés.

Le 15 février 2012, Patrick CÉLESTIN, âgé de quarante et un (41) ans, agent de la PNH, affecté à la Brigade d'intervention motorisée (BIM) a été tué au cours d'une attaque menée par des individus armés circulant à moto. Cette attaque s'est déroulée à Delmas 18. Au cours des échanges, un (1) autre policier du nom de Retz DOMINGUE est blessé.

Le 23 février 2012, Angelo PIERRE-LOUIS, un agent de la PNH, est assassiné par des individus armés alors qu'il se trouvait à Martissant. Il était affecté à la SWAT TEAM.

Dans la nuit du 23 au 24 février 2012, un mineur de douze (12) ans est enlevé chez lui par des individus armés portant l'uniforme de la PNH.

Le 24 février 2012, un individu du nom de Junior GASSANT, alias Jiji, a trouvé la mort à l'angle de la rue Nicolas et de l'avenue Magloire Ambroise.

Le 24 février 2012, le chauffeur d'un minibus de transport en commun est abattu. Un passager monté à bord de ce véhicule est aussi blessé grièvement lors d'un braquage perpétré par des individus armés. Cet incident s'est déroulé à la rue Saint-Honoré.

Le 29 février 2012, deux (2) personnes non identifiées sont tuées par balle. Le même jour, un jeune homme est retrouvé mort au Portail Léogane.

Le 3 mars 2012, à la rue du Centre, Mario LABADIE, juge de paix de Croix-des-Bouquets, age de quarante (40) ans, est assassiné par balle.

Le 5 mars 2012, Jean-Liphète NELSON, âgé de trente-huit (38) ans, directeur de Radio Boukman, une radio communautaire émettant à Cité-Soleil sur la fréquence 95.9 FM, est tué par balle. Son accompagnateur a aussi été tué.

Le 5 mars 2012, tôt dans la matinée, Me Jeanty R. DURAND, avocat inscrit au barreau de Port-au-Prince, est assassiné par balle sur la cour même de sa résidence, par des individus armés.

Le 6 mars 2012, Venel JOSEPH, ancien gouverneur de la Banque de la République d'Haïti (BRH), est assassiné.

Le 6 mars 2012, Wilner CAZEAU est assassiné par balle à l'avenue Christophe.

Le 9 mars 2012, Jean-Baptiste JEAN-PHILIPPE, alias Samba Boukman, est criblé de balles à Delmas 95, à la porte de l'établissement scolaire de sa fille qu'il attendait à la sortie de l'école. Samba Boukman est connu pour avoir été en 2004 le porte-parole de l'opération Bagdad.

Le 12 mars 2012, un chauffeur assurant le trajet Port-au-Prince / Port-de-Paix est assassiné à la station de Port-de-Paix lors d'une attaque armée.

Le 12 mars 2012, des individus armés non identifiés, circulant sur trois (3) motocyclettes, ont ouvert le feu contre une patrouille fixe de police basée à La Saline. L'agent Serge CASÉUS a succombé à ses blessures sur le chemin de l'hôpital.

Le 12 mars 2012, Justin SAINT-VILIEN, un cambiste travaillant aux Gonaïves, est assassiné par balle par des individus armés.

Incendies

Deux (2) marchés publics, à savoir le marché de Tabarre et le marché Carton ont été complètement incendiés. Un feu, déclaré au marché Hyppolite, a pu être contrôlé avant la consomption complète. De plus, d'autres incendies se sont déclarés un peu partout dans le pays. En voici quelques exemples :

Le 8 février 2012, un feu a ravagé le Camp Argentine, localisé à la rue Saint- Martin. Kimderline DAMUSTE, une fillette de deux (2) ans, a été calcinée. De plus, trois cents (300) abris de fortune ont été complètement détruits.

Le 24 février 2012, des individus armés non identifiés ont incendié le marché public de Tabarre.

Le 26 février 2012, des individus non identifiés ont mis le feu à une ancienne maison située à l'angle de la rue Lamartinière et de l'impasse Lavaud. Une personne a perdu la vie. Une autre en est sortie blessée.

Le 11 mars 2012, un incendie a détruit une partie du camp d'hébergement localisé sur la cour du lycée Toussaint Louverture. Dix-neuf (19) des trente (30) tentes installées dans ce camp ont été incendiées. Trois (3) personnes, dont un (1) enfant, ont perdu la vie.

Le 13 mars 2012, cinq (5) membres d'une même famille ont été assassinés avant d'être carbonisés dans le feu qui a été mis à la maisonnette située à l'avenue N où elles se trouvaient.

Parallèlement, le RNDDH tient à attirer l'attention des autorités concernées sur l'existence de plusieurs groupes lourdement armés, constitués d'individus s'affirmant être des militaires démobilisés. La plupart d'entre eux ont eu maille à partir avec les autorités judiciaires et sont des évadés de prison. Ils sont répertoriés notamment à Terre-rouge, à la Croix-des-Bouquets, au Camp Corail, à Maïssade et à Lamentin. Ils s'entraînent régulièrement. En certains endroits du pays, ils établissent même des patrouilles fixes, imposant ainsi leur présence à la population.

Le RNDDH estime que ces groupes armés constituent une menace grave et réelle pour la sécurité du pays. En effet, en plusieurs endroits, bon nombre d'entre eux ont engagé avec les agents de la PNH une lutte d'hégémonie et une hostilité sans pareille.

Le RNDDH condamne avec la plus grande véhémence le laxisme des autorités étatiques face à la dégradation incessante de la situation sécuritaire du pays.

Le RNDDH considère que la question de sécurité est une affaire importante qui doit être traitée sérieusement, avec tout le respect dû aux citoyens. En aucun cas elle ne peut être convertie en une affaire personnelle, assurée par les citoyens eux-mêmes, selon qu'ils sont détenteurs ou non d'armes à feu ou d'armes contondantes.

Fort de tout ce qui précède, le RNDDH enjoint les autorités concernées de:

- prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires visant à rétablir une situation vivable dans le pays, notamment à Port-au-Prince et dans ses environs ;

- renforcer les patrouilles fixes et mobiles à Port-au-Prince et dans ses environs ;

- contrôler les stations de motocyclettes, notamment celles qui sont situées à proximité des banques commerciales ;

- porter les banques commerciales du pays à encourager les citoyens à utiliser des services bancaires tels que les cartes de crédit, les cartes de débit, les chèques, les virements bancaires, en lieu et place de cash ;

- arrêter et juger tous les individus qui sont impliqués dans la perpétration des actes susmentionnés.
Le peuple haïtien est las de toujours être obligé de faire, avec les autorités policières et judiciaires, le décompte des dégâts et le constat de l'assassinat de ses enfants, dans des circonstances abominables.

 


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