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La visite du président Martelly embarrasse le gouvernement des Bahamas

par Le Nouvelliste on 14 Février, 2012 12:16:56

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Le président de la République n'était pas invité aux Bahamas, selon le Premier ministre bahamien. Appelé à la démission par l'opposition politique dans son pays, Hubert Alexander Ingraham se défend en indiquant qu'il n'a été au courant tardivement que Michel Martelly allait transiter sur son territoire vers Mexico. « Le président Martelly a été invité par le gouvernement bahamien », a rétorqué la chancellerie haïtienne.

Une visite impromptue. Des déclarations considérées comme une ingérence dans les affaires internes des Bahamas. Michel Martelly a embarrassé le gouvernement bahamien avec sa visite, le 4 février, dans cet Etat du Commonwealth. En appelant les Haïtiens d'origine bahamienne à voter pour le parti politique susceptible de défendre leurs intérêts et que les Bahamas ont la loi du sol. Le président Martelly a outrepassé ses droits, a estimé l'opposition politique aux Bahamas. Elle a demandé au Premier ministre Hubert Alexander Ingraham de remettre sa démission pour avoir cautionné un tel écart.

Pour s'expliquer et se défendre, Hubert Alexander Ingraham s'est adressé, samedi dernier, à son peuple lors d'une conférence de presse dont la radio Kiskeya à Port-au-Prince en a fait la traduction et a publié l'essentiel sur son site internet.

« ... Je tiens à préciser que le gouvernement n'avait pas invité le président Martelly à visiter les Bahamas. Il n'y a aucune nécessité pour les Bahamas d'inviter le président de n'importe quel pays ami. Le chef de n'importe quel gouvernement ayant des relations avec les Bahamas peut visiter le pays quand il le décide. Il n'est pas nécessaire que notre autorisation soit sollicitée pour que cela se fasse », a martelé M. Ingraham, soulignant qu'il n'a pas besoin de l'autorisation du président des Etats-Unis pour se rendre dans son pays ni celle de la Jamaique, de la Barbade et d'Haiti, etc. pour visiter ces pays.

« J'ai été informé, le samedi 4 février, par le ministère des Affaires étrangères que le président Martelly souhaitait faire escale aux Bahamas en route vers Mexico. Il a été par la suite confirmé tard samedi qu'il comptait passer la journée et la nuit à Nassau et souhaitait en profiter pour rencontrer le gouverneur général et le Premier ministre », a-t-il ajouté.


Les réactions de Port-au-Prince


Interrogé, lundi, par Le Nouvelliste sur le dossier, le chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a précisé qu'en tant que Chef d'Etat d'un pays du Caricom comme tous les autres, le président Martelly a émis le désir de visiter les Bahamas pendant sa tournée dans les Caraibes. « Le ministère des Affaires étrangeres d'Haiti le 4 février a sollicité une rencontre avec le Premier Ministre et le Gouverneur des Bahamas par note diplomatique. La demande a été acceptée et la rencontre bilatérale a pu se faire. Cela a permis de soulever des points extrêmements importants concernant la communauté haitienne, les problèmes migratoires et de faire le tour du secteur des affaires et de la classe politique de ce pays », a souligné Ady Jean Gardy.

M. Jean Gardy, a précisé par ailleurs que le fait pour le President Martelly de demander à la communauté haitienne des Bahamas de participer aux élections dans ce pays pour démontrer leur integration et choisir le candidat de leur choix, est un support au jeu démocratique, « lié à la liberté d'expression d'un chef d'Etat soucieux des règles diplomatiques en matière de respect des droits de l'homme quelle que soit son origine ou sa nationalité. »

Il ne s'agit pas de l'opposition qui réclame la démission du Premier ministre Ingraham, selon lui. « Il s'agit d'un leader de l'Alliance nationale démocratique qui a souhaité que le Premier ministre des Bahamas démissionne. Le président de la République et le ministre des Affaires étrangères se sont retrouvés aux Bahamas pour défendre les intérêts des Haïtiens et pour régler la question migratoire », a-t-il déclaré.

Jean Gardy a fait savoir que 10 000 Bahamiens d'origine haïtienne ont rencontré le chef de l'Etat, lui demandant de prendre position en leur faveur pour arrêter la déportation massive et régler la question migratoire.

Joint au téléphone lundi après midi par Le Nouvelliste, le chargé d'affaires des Bahamas à Port-au-Prince, Campbell Francky, qui était en réunion à ce moment-là, a fait savoir au journal, par le biais de l'une de ses secrétaires, qu'il n'était pas bien imbu de la visite de Michel Martelly aux Bahamas.


Selon le Premier ministre bahamien, sa rencontre avec Michel Martelly a été fixée pour midi, le jour où ce dernier serait à Nassau. « M. Branville McCartney du parti non enregistré, qui se fait appeler Democratic National Alliance (DNA), a déclaré que j'ai invité M. Martelly. C'est faux », a fulminé Hubert Alexander Ingraham en qualifiant de menteur ce membre de l'opposition politique aux Bahamas.

« ... Le président d'Haïti a fait plusieurs déclarations dans la presse écrite et dans des médias électroniques sur deux points qui paraissent avoir provoqué des préoccupations dans le public. Au moment où M. Martelly et moi nous nous sommes rencontrés, je n'étais pas au courant des déclarations qu'il avait faites et je n'en ai rien appris des journaux et des radios. L'une des déclarations qu'il a faites et contre laquelle j'ai objecté, c'est quand il a eu à faire savoir que les enfants des descendants d'Haïtiens nés aux Bahamas sont éligibles à la citoyenneté et sont pratiquement des apatrides, vu qu'ils ne peuvent pas appliquer pour la nationalité avant 18 ans accomplis », a souligné le Premier ministre bahamien.

Ces personnes ne sont pas des apatrides, a-t-il affirmé. « Elles ont la citoyenneté de leurs parents selon notre Constitution qui est différente de celles d'Haïti et des Etats-Unis. Les personnes nées aux Bahamas de non-Bahamiens n'ont pas le droit à la citoyenneté des Bahamas tant qu'elles n'auront pas atteint l'âge de 18 ans. Elles doivent le faire avant l'âge de 19 ans, sinon elles perdent ce droit », a-t-il expliqué comme une leçon au chef de l'Etat haïtien.

« Je pense que le président Martelly s'est trompé en pensant que la situation bahamienne était identique à celles d'Haïti et des Etats-Unis, parce que les personnes nées aux Etats-Unis deviennent américains à leur naissance. Ce n'est pas la réalité aux Bahamas. »

En ce qui concerne la seconde déclaration que Michel Martelly a faite appelant les Bahamiens d'origine haïtienne à voter pour le parti de leur choix, « j'estime qu'il était dans son droit de s'exprimer ainsi. Pour parler franchement, je ne vois pas ce qui dérangerait les Bahamas que l'on dise aux ressortissants des Etats-Unis, de la Jamaïque et de la Barbade appelés à voter dans ces pays, de voter le parti qui défend au mieux leurs intérêts. »

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com


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