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L'Italie y passe aussi

par Classique News on 25 Juin, 2010 12:18:47

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Coupe du Monde 2010, jour 14. Enfin une accalmie. Ca fait une semaine, depuis ce France-Mexique perdu, qu'on est tous focalisés sur les turpitudes des Bleus et pour la première fois, il ne s'est pas passé grand chose. Enfin, il y a bien eu le retour au Bourget et le "rendez-vous secret" de Titi avec le président, mais comme personne ne s'est encore exprimé et que n'a rien n'a filtré au moment où vous me lisez, il n'y a pas grand chose à en dire.

Au moment où ça se tasse avec la France, c'est une autre équipe en bleu qui a bu la tasse. L'élimination de l'Italie est invraisemblable. Comment pouvait-on imaginer que la Squaddra, championne du Monde en titre, prendrait trois buts par la Slovaquie, avec un doublé de Vittek qui n'a jamais réussi à s'imposer au LOSC. Un Vittek qui n'a pourtant pas les qualités intrinsèques d'un Anelka mais qui vient de marquer trois buts en trois matchs. Comme quoi...

Les Slovaques n'ont pas volé leur qualif' après ce match qui est à ce jour le plus emballant de cette Coupe du Monde. Les Italiens ont joué extrêmement dur et tenté le tout pour le tout dans les dernières minutes, montrant une belle réaction d'orgueil, mais trop tardive. Après, cette élimination va également être assimilée à une catastrophe de l'autre côté des Alpes mais la Nazionale a beaucoup moins de choses à se reprocher que les Bleus.

D'abord, les grands joueurs étaient soit bouillis (Gattuso, Cannavaro) soit blessés (Pirlo, Buffon). Ca n'aide pas. Et puis le jeu, s'il n'était pas transcendantal, ressemblait au moins à quelque chose. Mais les Italiens ont commis une grosse erreur. A force de passer ric-rac le premier tour dans toutes les compétitions et de monter en régime par la suite, les joueurs de Lippi ne se sont pas suffisamment méfiés de cet adversaire qui s'était fait taper par le Paraguay. Excès de confiance, quoi.

A peine mieux que les Bleus

Les supporters de l'Italie - et je sais qu'ils sont nombreux ici - vont hurler au scandale sur le but de Quagliarella refusé pour un hors-jeu inexistant. Mais les gars, je vais me répéter : on a tous les outils pour éviter ça mais on ne les utilise pas. Tant que ce sera comme ça, les grandes compétitions seront toujours sujettes aux erreurs d'arbitrage. Il y a 4 ans, ça avait souri à l'Italie contre l'Australie (péno bidon obtenu), cette fois c'est à son désavantage.

Le plus terrible, c'est que sur la fin du match, les "ritals" n'étaient plus que leur caricature, à l'image de cette simulation grotesque de Quagliarella dans le but slovaque. Lippi a clairement assumé la responsabilité de ce fiasco et c'est tout à son honneur. Mais c'est surtout que le technicien transalpin a lui aussi commis des erreurs, en faisant notamment confiance à la défense de la Juve qui n'a pourtant pas été à la fête cette saison. Elle ne l'a pas été non plus lors de ce tournoi (5 buts encaissés).

Au final, le bilan est à peine meilleur que celui des Bleus, avec deux nuls et une défaite dans un groupe qui semblait encore plus faible que le nôtre. J'en profite au passage pour insister sur un truc que j'ai gardé de mon passage au Stade de Reims : il faut arrêter de dire que les matchs amicaux ne signifient rien. Mode "oui mais la motivation n'est pas la même, vous allez voir ce que vous allez voir en compète". Ouais, on a vu. Juste avant le tournoi, les Bleus ont perdu face à la Chine et les Italiens se sont fait trimballer par le Mexique... La suite n'est donc que pure logique.

Comme l'a justement fait remarquer Duga dans le CFC, il y a dans cette Coupe du Monde une vraie prime à l'enthousiasme. Les équipes qui "jouent" sans arrière-pensée dominent celles qui calculent et misent l'essentiel de leur jeu sur une "bonne organisation". On ne va pas s'en plaindre. Les Danois, eux, auraient dû y penser avant. Dominés par des Japonais entreprenants et décomplexés, les joueurs de Morten Olsen n'ont jamais pu inverser la tendance.

Le foot africain trop "européanisé"

Les Nippons ont inscrit leurs deux premiers buts sur coup-franc et je sais déjà ce que vous allez dire alors je préfère prendre les devants : oui, je me suis couvert de ridicule en disant que Honda avait essayé d'enrouler son ballon. Mais ça nous a occasionné un tel fou rire sur le plateau que je reconnais joyeusement mon erreur. Donc non, Honda n'a pas cherché à travailler son ballon et sa frappe n'en est pas moins superbe. En revanche, je suis formel sur le second coup-franc : Endo enveloppe sa frappe, aucun doute...

Après, les Danois ont bien réduit le score sur un péno cadeau mais les Japonais ont géré leur affaire en bons pères de famille avant de porter l'estocade en fin de match. Le pays du soleil levant est donc en 8e de finale et c'est totalement mérité. Tout comme la première place des Pays-Bas, qui ont tranquillement dominé un Cameroun une nouvelle fois très décevant. Trois défaites au compteur pour les coéquipiers de Samuel Eto'o, ça fait mal.

Cette sélection était sans doute la plus surfaite du Mondial. Entre les dissensions internes, l'ingérence du pouvoir politique et un entraîneur n'ayant pas le respect des joueurs, le Cameroun s'est encore une fois montré trop désorganisé pour espérer aller loin. Et malheureusement, cela illustre parfaitement la stagnation du foot africain. C'est dommage mais pas étonnant. Les disparités de niveau entre les joueurs sont toujours aussi flagrantes.

Mais surtout, j'ai l'impression que la plupart des équipes se sont "européanisées" dans leur jeu. Il y a quelques années, les Coupes d'Afrique donnaient lieu à des matchs tournés vers l'offensive à outrance, d'un niveau athlétique élevé et souvent violents. Un autre football, en somme. Aujourd'hui, c'est moins violent. Mais le foot africain y a perdu sa fantaisie et ce qui le rendait aussi imprévisible. Jusqu'ici, aucun entraîneur - étranger ou local - n'est parvenu à faire la synthèse et à tirer la quintessence d'une sélection africaine. Rendez-vous en 2014, à moins que le Ghana...

Pierrot

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