A l'occasion de la Journée internationale de la Femme ce lundi 8 mars, un hommage spécial a été rendu aux femmes tuées et disparues lors du meurtrier séisme du 12 janvier dernier, en particulier les femmes enseignantes. Une activité réalisée au Lycée du Cent cinquantenaire à la rue Capois, à l'initiative du secrétariat aux Affaires féminines et du bureau exécutif de l'Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH).Pour saluer la mémoire des nombreux acteurs du système éducatif haïtien (enseignants, élèves, étudiants) disparus durant le séisme du 12 janvier dernier, le secrétariat aux Affaires féminines de l'UNNOH a jugé nécessaire de leur rendre un hommage spécial ce lundi 8 mars au Lycée du Cent cinquantenaire, communément appelé Lycée des Jeunes filles, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme. Du fait que cette tragédie a aussi causé la mort de certaines grandes figures du mouvement féministe haïtien, dont la normalienne Mirna Narcisse, Magalie Marcelin, Anne Marie Coriolan, Myriam Merlet - pour ne citer que celles-là -, l'hommage a été encore de plus spécial rendu à ces dernières qui, selon les organisateurs de cette activité, ont beaucoup lutté pour une meilleure qualité d'éducation dans le pays ainsi que pour la fin de l'émancipation des femmes haïtiennes.
Féministe et militante convaincue, Myriam Merlet, 53 ans, est décédée à son domicile au moment de la tragédie. Économiste de formation, elle a été chef de cabinet de la ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme. Selon les témoignages de ses proches et des ses amis, elle a énormément contribué à la lutte menée ces dernières années en faveur de l'émancipation des femmes, à l'instar de la directrice générale dudit ministère, Mirna Narcisse Théodore, tuée aussi dans la tragédie. Et quant à Anne-Marie Coriolan, militante sociale et féministe discrète, elle est membre fondatrice de l'organisation féministe baptisée "Solidarite fanm ayisyen" (SOFA).
" Beaucoup de ces collègues, des ces camarades de lutte qui nous ont subitement quittés étaient actives dans la lutte en faveur de l'émancipation effective des femmes et pour une autre Haïti où la justice sociale sera au rendez-vous, a indiqué Antonine Phigareau, secrétaire aux Affaires féminines de l'UNNOH. La meilleure façon d'honorer leur mémoire est de nous engager de manière résolue á poursuivre cette grande lutte entamée."
Par ailleurs, au cours de cette cérémonie d'hommage, le coordonnateur de l'UNNOH, le professeur Josué Mérilien, en a profité pour saluer la mémoire du professeur Jn Anil Louis-Juste, assassiné dans l'après-midi du 12 janvier 2010, peu avant le séisme. M. Loui-Juste, a rappelé le professeur Mérilien, a été connu pour son engagement dans les luttes populaires et a accompagné beaucoup d'étudiants dans leurs travaux de recherche à l'Université. Sa mort, avance plus d'un, a quand même aidé à sauver des vies. Car beaucoup d'étudiants de la Faculté des sciences humaines de l'Université d'Etat d'Haïti, qui étaient dans la rue afin de protester contre son assassinat, ont été sauvés du violent séisme pour avoir été en pleine rue à ce moment-là.
Valéry Daudier